Mais il y a ce devoir qui t'appelle. Celui d'honorer ce contrat que tu as signer avec l'équipe soignante, et notifiant que toute absence doit être dûment justifiée. Alors oui, même avec 2 heures seulement de sommeil, tu te lève. Tu t'exécutes bêtement comme un automate. Car tu n'as aucune raison de ne pas t'y rendre, sauf l'envie folle de te laisser tomber et regarder ta déchéance de loin...
Tu te prends des réflexions par l'équipe soignante, que tu n'osais pas imaginer à nouveau. Ils osent remette en doute que tu as recommencer les vomissements, car ils voient que tu as perdu encore un peu de poids. Même si cela reste insignifiant pour toi. Alors oui, déjà, ça fait mal, car tu as l'impression qu'ils n'ont plus confiance en toi et qu'ils mettent en doute tes propos. Tu as beau par tout les moyens, leur dire que non. Ils en doutent.
Tu bouille à l'intérieur de toi depuis le matin, mais tu fais semblant que tout va, c'est tellement plus simple et cela évite tellement de questions (auxquels bien sûr tu n'as pas envie de répondre). Fuir, toujours fuir. C'est ça la solution que j'ai trouvée pour le moment. Même si je sais que c'est pas forcément l'idéal. Même si je sais, qu'à l'hôpital de jour, ils n'attendent qu'une chose : me faire craquer un bon coup et me voir pleurer. S'entendre dire que l'on n'a pas d'émotions ou que l'on est insensible parce que l'on cache si bien au fond de soi, les choses et les comportements qui nous me fait tant souffrir. Je me dit qu'au fond de moi, si je suis comme ça, c'est peut-être parce que la maladie m'a détruite. J'ai déjà commencée à creuser ma tombe (ça on me l'a dit plusieurs fois, peut-être pour me faire réagir à certains moments)
Parfois oui, j'ai envie de recommencer les vomissements, comme je le faisais encore 6 mois, au risque de me détruire encore plus. Je n'ai plus rien à perdre, si ce n'est la vie, cela peut paraître dur. Mais la vie m'a tellement déçue à certains moments.
C'est terrible de vouloir tomber toujours un peu plus bas. Pour quels causes, je n'en sais trop rien en fin de compte. Ce que je sais, c'est ce nouveau chiffre chaque jour, sur la balance qui me donne l'envie de me dépasser toujours un peu plus, de me détruire toujours un peu plus.
